Murena

  • Scénariste : Jean Dufaux
  • Dessinateur :  Philippe Delaby / Theo Caneschi (à partir de l’album 10)
  • 1997 …
  • Dargaud

Résumé éditeur

Tome I – La Pourpre et l’or

Mai 54, Rome, midi.
Il fait une chaleur torride sur l’arène et les quelques gladiateurs survivants qui essaient encore de s’entretuer n’amusent plus personne, sauf l’empereur Claude, affalé dans les gradins déserts, avide d’entendre le dernier râle du dernier combattant.
En dehors de l’arène, la vie est aussi féroce. Tout le monde veut le pouvoir, tout le monde est prêt à tuer pour l’obtenir. Agrippine, par exemple, seconde femme de Claude et mère de Néron, est en train de faire fabriquer un poison pour son cher époux : maintenant qu’il a reconnu son fils, il peut disparaître et lui laisser le trône. D’ailleurs, il faut faire vite : Claude parle de la répudier et d’épouser la femme qu’il aime, Lolia Paulina, mère de Lucius Murena.
Evidemment, dans le collimateur d’Agrippine, la pauvre Lolia n’a aucune chance. Quant à Claude, il mourra empoisonné et son fils Britannicus sera écarté du pouvoir au profit de Néron.

Tome II – De sable et de sang

Rome, trois jours avant les ides d’Octobre. L’empereur Claude est mort, empoisonné par sa femme Agrippine, alors qu’il voulait la répudier pour épouser Lolia Paulina, mère de Murena.
Néron, fils d’Agrippine, devient empereur. Sa mère lui ayant acheté les faveurs de l’armée et du sénat, elle croit pouvoir gouverner. Mais à dix-sept ans, Néron n’est déjà plus un enfant, et elle va l’apprendre à ses dépens.
Britannicus, fils de Claude, a été écarté du pouvoir. Mais Pallas, pour se venger de Néron qui lui a enlevé Acté, son esclave préférée, remet à Britannicus un parchemin qui peut changer la face du monde : l’acte de répudiation marqué du sceau de son père, qui élimine Néron de la succession. Pendant ce temps, Murena recherche les assassins de sa mère tandis que Néron s’arrange pour régler le problème Britannicus.

Tome III – La Meilleure des mères

Britannicus est mort comme son père, l’empereur Claude. Empoisonné. Le testament qui aurait pu mettre fin aux ambitions de Néron n’est plus que cendres. Néron reste seul sur le trône de Rome.
Seul ? Enfin presque. Dans l’ombre, sa mère, Agrippine, seconde épouse de l’empereur, a bien l’intention de faire ce qu’il faut pour  » mordre à ce fruit pourri qu’est le pouvoir. « 
Le corps de Britannicus enduit de plâtre finit à peine de brûler sur un bûcher battu par la pluie que la lutte pour le pouvoir reprend de plus belle.
Néron apprend de Locuste l’empoisonneuse comment Agrippine a fait assassiner Claude. Il la prend à son service. Agrippine riposte en faisant empoisonner l’empoisonneuse.
Néron se sent si seul qu’il appelle auprès de lui sa tante, Domitia Lepida, bête noire de l’impératrice. Agrippine riposte en obligeant son fils à signer lui-même la condamnation à mort de Domitia.

Tome IV – Ceux qui vont mourir

Rome, an 58. L’ombre des crucifiés s’étend sur l’empire tandis que tout Rome bruisse de rumeurs. Néron, le nouvel empereur aurait fait empoisonner son demi-frère, Britannicus. Agrippine, pour rentrer en faveur auprès de son fils serait prête à lui ouvrir sa couche. Néron n’aurait de pensées que pour Acté, la belle prostituée qu’il a arrachée à Pallas l’affranchi. Au palais justement, Néron charge Acté d’annoncer à Murena qu’il est pardonné et que rien ne s’oppose à son retour à Rome. Murena ne demande que ça, mais exige de son souverain la tête de Draxus, l’assassin de sa mère. Draxus qui a commis ce meurtre à la demande d’Agrippine…
Néron imagine alors un plan machiavélique qui doit aboutir à la mort d’Agrippine. Il propose à sa mère de faire combattre Draxus contre un gladiateur choisi par Murena. Si Draxus gagne, la garde prétorienne qui veille jour et nuit sur la mère de l’empereur sera doublée. Si Draxus perd, la garde prétorienne sera supprimée.  » La meilleure des mères  » sent un piège implacable se refermer sur elle.

Tome V – La Déesse noire

Printemps 62. L’ambitieuse Poppée a pris la place de la belle Acté dans le cœur de Néron. Celui-ci se prépare à gagner la grande course de chars qui se disputera à Rome au Circus Maximus. La compétition se déroule, haletante, dangereuse. Contre toute attente, la victoire ne revient pas à l’empereur, mais à un mystérieux champion qui se révèle être une femme…

Tome VI – Le Sang des bêtes

Massam, l’esclave chargé des basses oeuvres de l’impératrice Poppée, a reçu l’ordre d’exterminer le gladiateur Balba, l’ami de Lucius Murena, et sa compagne Evix qui osa vaincre Néron à la course de chars. Déterminés à venger l’assassinat de Britannicus, ils sont considérés comme de dangereux ennemis de l’empereur. Les deux colosses finissent par s’affronter et Balba l’emporte sur Massam.
Au palais impérial, tandis que Néron projette de construire une Rome nouvelle, Poppée se prélasse en compagnie de ses suivantes. L’une de ses plus intimes, Arsilia, est invitée à rejoindre secrètement le poète Pétrone dans un quartier populaire de la ville. Elle s’y retrouve en présence de Murena dont elle s’était éprise au temps où celui-ci était l’un des proches de l’empereur.
Murena est persuadé qu’Arsilia est complice de l’enlèvement de la seule femme qu’il aime et qu’elle sait où elle a été emmenée. Toujours aussi éperdument épris et résolu à retrouver son aimée, Murena décide ainsi de partir en Gaule à sa recherche. Balba et Evix acceptent de le suivre à la condition qu’au retour, il les aide à éliminer Néron, le tyran et l’assassin de Britannicus. L’aboutissement de ce projet semble maintenant facilité par la disparition de Massam. Laissé pour mort, celui-ci se remet pourtant de ses blessures et Poppée veille personnellement à ce qu’il redevienne l’implacable tueur qu’il était…

Tome VII – Vie des feux

Au mois de juin 63 après J.-C., Néron vient de perdre sa petite Claudia Augusta. Le bébé n’avait que quatre mois et la détresse de son père est profonde. Aux marches de l’Empire, des juifs défient Rome et l’empereur s’interroge : quel est donc ce maître que sert le dénommé Pierre ? Et Murena ? Il a perdu sa bien-aimée Acté et décide de quitter la Gaule pour rentrer à Rome. Mais quelle sera la réaction de l’imprévisible…

Tome VIII – Revanche des cendres

Néron en a rêvé. Lucius Murena l’a fait : incendier Rome. Pourtant, en expiation de sa faute, le jeune patricien tentera de sauver un maximum de vies humaines. Chacun, nantis et plébéiens, cherche une issue. Tandis que certains se jettent dans le Tibre, d’autres atteindront non sans mal le Champ de Mars. Le quartier du Transtibérin est épargné par les flammes. C’est là que vivent Pierre et les chrétiens. Plus homme que dieu, l’empereur est en proie au doute. Mais si Rome dévastée attise la cupidité des uns, elle révèle aussi quelques belles âmes.

Tome IX – Les épines

Néron craint de voir le peuple romain, horrifié par le grand incendie de Rome, se retourner contre lui s’il ne trouve pas de coupables à lui donner en pâture. Les chrétiens seraient des boucs émissaires parfaits ! La relation qu’entame Lucius Murena avec la belle Claudia l’empêchera-t-elle de se battre contre cette injustice ?

Tome X – Le banquet

Pour que cesse le massacre des chrétiens, accusés à tort d’avoir provoqué l’incendie de Rome, Lucius Murena se rapproche de Néron. Mais ce retour en grâce attise les convoitises et les rancoeurs. Il se retrouvera, bien malgré lui, au centre d’un terrible complot…

Tome XI – Lemuria (à paraître)

À Rome, au lendemain du grand incendie de juillet 64, l’empereur Néron est en proie au doute. Lucius Murena, son ami, a disparu. Celui-ci aurait-il participé à un complot contre lui, comme certains le prétendent ? Néron l’a cru, mais ne sait plus quoi penser. L’absence de Lucius le ronge, comme si son propre passé avait disparu, lui aussi.
Lucius est entre les mains d’une femme, Lemuria, qui l’a drogué afin de faire de lui l’objet de son plaisir. Lucius décide de la fuir, car il doit retrouver sa liberté pour se retrouver lui-même. Mais sa mémoire est incertaine. Seul Pétrone peut l’aider à renouer avec celui qu’il était.
Pendant ce temps, dans les cercles du pouvoir, des proches de l’empereur fomentent une cabale. Devenu l’homme le plus recherché de la ville, Lucius rencontre une femme étrange, surnommée « l’Hydre ». Elle détient un terrible secret. Un secret qu’elle ne peut partager qu’avec Néron lui-même…

Notre avis

« Murena » est une BD culte, créée à une époque où le péplum n’étaient plus vraiment en vogue, l’intelligence du scénario, son réalisme historique et les somptueux dessins à la fois réalistes et épiques, ont donné à cette oeuvre une aura bien méritée. Il suffit de feuilleter les premières pages de « Murena » pour tout de suite être accro. Dufaux et Delaby ont créé une bande dessinée quasi parfaite.
L’histoire tout d’abord ou plutôt les histoires, celle de « Néron », empereur romain dont l’histoire a retenu la folie, et celle de Lucius Murena, ami d’enfance du futur empereur, dont les destins sont liés pour le meilleur et pour le pire. Et puis, il y a une myriade de personnages qui les accompagnent, les précepteurs, la famille, les soldats, le Sénat, les commerçants, les gladiateurs, les prostituées,… Autant de personnages qui donnent de la vie à la cité éternelle, autant de caractères qui intensifient les intrigues.
Les textes, les dialogues sont bien tournés, parsemés de références et de citations d’auteurs antiques. L’histoire nous tient en haleine album après album.
Et puis, il y a le dessin de Philippe Delaby, précis, élégant, généreux en détail et grandiose. Les décors sont fouillés, réalistes et permettent au lecteur de s’immerger dans la Rome antique. Il y a ensuite la grande expressivité des personnages, des premiers rôles aux figurants qui font de chaque case des réceptacles d’émotion, il n’y a pas de platitude dans cette série et même un album entièrement consacré à l’incendie de Rome, est palpitant, plein de rebondissement et de passion.
Un petit mot également sur la mise en couleur, Delaby la contrôlait mais il a été secondé avec talent par Béatrice Delpire (1997), Benn (1999), Kathelyn Dina (2001-2002) et Jérémy Petiqueux (2006-2009). Après le décès de Philippe Delaby en janvier 2014, c’est Théo Caneschi qui a repris le dessin de la série avec bonheur.

A lire et relire…

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