La 27ème lettre

  • Scénariste : Stephen Desberg
  • Dessinateur :  Will
  • 1990
  • Dupuis

Résumé éditeur

Avec Franquin, Morris, Roba et Peyo, Will est l’un des auteurs-patrimoine de la maison Spirou. Durant plus de trente ans, il anima l’une des séries phare des éditions Dupuis, « Tif et Tondu ». À 62 ans, ce dessinateur voué au public enfantin révéla soudainement une facette inédite de son talent, toute empreinte de sensualité. Sur un scénario de Stephen Desberg, « Le jardin des désirs » est l’un des albums historiques de la collection Aire Libre, créée seulement un an auparavant, en 1988 par Jean Van Hamme et Philippe Vandooren. Ainsi, Will et Desberg peuvent être considérés parmi les auteurs fondateurs de ce fleuron éditorial des éditions Dupuis. Par la suite, dans cette même veine érotico-littéraire, le tandem complice concocta deux autres albums, « La 27e lettre », toujours pour Aire Libre, et « L’appel de l’Enfer », chez P&T Production. 
Comme la conjonction des couleurs de l’arc-en-ciel se mue en lumière blanche, ainsi le silence de Berlin naît du fracas des décombres et des ruines d’un monde beuglant. Orphéons désaccordés, chants avinés surgis du « bier stube », les « meine liebe » éperdus, le cri angoissé du tigre prisonnier du jardin zoologique, les cabarets aux plaisirs ambigus, les musiciennes aux seins nus et les seins suggérés des putains, Dame Misère qui s’égosille en refrains de Kurt Weill : la musique du temps qui passe. Et sur cette cacophonie danse Fred Capitole, le gamin sorti d’un ventre de hasard, et qui glisse vers nulle part. En chemin, il croise des tziganes, des dames qui le prennent en amitié, et il découvre que la vie peut aussi s’allonger entre des draps de soie. C’est cela, Berlin entre les guerres : la faim et l’amitié, la survie et l’amour, les expédients et la luxure, les lumières de la vie. Et la fureur mortifère des nazis.

Notre avis

Magnifique album conté pas Stephen Desberg et mis en image par Will. L’histoire raconte la vie d’un orphelin recueilli par des prostituées allemandes en temps de guerre. La maison close devient sa demeure, une sorte d’îlot de bonheur et de paix au milieu d’une ville qui tombe sous la coupe des Nazis. La 27ème lettre, c’est la croix gammée. Un album émouvant soutenu par le dessin si reconnaissable de Will, l’un des piliers de l’école de Marcinelle. Le trait est simple mais riche en détails, sa mise en couleur magnifique, amplifiant l’impact des images sur le récit. Un récit tout en crescendo, qui accompagne la jeune vie de Fred Capitole, la montée du nazisme et les horreurs qui se préparent, même en Allemagne. Une ombre qui couvre peu à peu sa jeune vie et celle de Anna qui nous raconte cette histoire.

« La veille, on parlait de la petite moustache d’un vilain monsieur; aujourd’hui, on regardait qui pouvait vous entendre. La minute d’avant, il y avait eu des musiciens, des poètes de génie; maintenant, c’était le silence avant la fanfare. »

En cherchant la couverture de l’album sur Internet, je me suis aperçu que mon album publié dans la collection « Air libre » n’est plus en vente. L’album est désormais commercialisé dans un recueil « La trilogie des dames » qui comprend : « Le jardin des désirs » / « La 27e lettre » / « L’appel de l’Enfer ».

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