L’oeil du STO

  • Scénariste : Julien Frey
  • Dessinateur :  Nadar
  • 2020
  • Futuropolis

Résumé éditeur

Paris, 1943. Justin a vingt-deux ans. Il aime Renée et voudrait l’épouser. Mais le gouvernement de Vichy, pour fournir à l’occupant la main-d’oeuvre qu’il réclame, crée le STO, le Service du travail obligatoire. Comme des centaines de milliers de jeunes Français, Justin est alors contraint de partir en Allemagne. Comme eux, il ignore ce qui l’attend là-bas. Toute sa vie, Justin s’en voudra d’avoir obéi à Vichy. Avait-il le choix ?

Notre avis

Le scénario de ce roman graphique traite d’un sujet peu traité, le service du travail obligatoire (STO) durant l’occupation allemande de la France.
Le roman graphique comportent deux époques, 1977 est le présent à la troisième personne, Justin prend sa retraite et se sent toujours coupable de n’avoir pas dit non au STO. Muet sur cet épisode de sa vie auprès de sa famille, de ses collègues, c’est un boulet qu’il traîne depuis plus de 30 ans. Et il y a la période de la guerre, pas de batailles, pas de combats, juste l’arrière, les discussions de comptoirs, les articles lus dans la presse. Une autobiographie que Justin narre à la première personne.
Sujet pas facile, qui pourrait paraître fade comparé aux grands récits de la résistance. Il n’en est rien, l’écriture de Julien Frey est sobre mais le propos puissant, et il nous emmène avec brio dans cette France occupée, chez des gens ordinaires qui pourraient nous ressembler. On revit les années d’occupation sous le joug allemand, un quotidien qui semble ordinaire alors que rien ne l’est, le système D pour essayer de sen sortir, les arnaques, l’amour.
Et puis, il y le départ pour l’Allemagne dans les grandes usines d’armement et d’industrie lourde. Une expérience traumatisante avec quelques libertés, mais très oppressante, une sorte d’esclavage moderne où les travailleurs sont malmenés, sans aucun droit, logés dans des camps de travail au confort sommaire.
Le récit nous apporte un regard différents sur ces travailleurs contraints de tout abandonner pour servir l’Allemagne, des jeunes hommes qui ne furent pas, et loin de là, les héros de la fin de la guerre.
Le dessin de Nadar, en noir et blanc, est très efficace, sans fioriture, les personnages sont bien campés, la lecture est agréable. Un roman graphique à lire, car indispensable à la bonne compréhension d’un pan méconnu de l’histoire de la France sous l’occupation.

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