Ceux qui restent

  • Scénariste : Josep Busquet
  • Dessinateur :  Axel Xöul
  • 2018
  • Delcourt

Résumé éditeur

Un soir, le jeune Ben part sauver un royaume magique d’un terrible danger, de la même manière que Wendy et ses frères suivirent Peter Pan. Mais ce qui ressemble à un rêve d’enfant se transforme en cauchemar pour ses parents.
Ben a disparu. Ses parents préviennent la police mais personne ne peut imaginer la réalité : leur enfant affronte mille dangers dans son royaume imaginaire. Mais un jour, il revient. Parents, police et psys pensent que Ben nie la réalité de ce qu’il a vécu. Avant de disparaître à nouveau. Seule une association regroupant des parents qui vivent les mêmes turpitudes pourra sans doute leur venir en aide…

Notre avis

Voilà une bande dessinée qui prend le contre-pied de bien des récits pour la jeunesse où les enfants deviennent les héros sans peur et sans reproche d’un monde imaginaire. C’est un postulat, les mondes imaginaires existent, les enfants aventuriers s’en vont combattre le mal et deviennent des héros. Là, n’est pas le sujet de Josep Busquet, le sujet c’est « ceux qui restent ». Les auteurs racontent le quotidien de ceux qui subissent la disparition, de ceux qui attendent le retour au foyer de leurs enfants, et quand ils comprennent, le retour des héros guerroyeurs d’un ailleurs mystérieux. C’est toute intelligence de ce récit, observer la situation des proches, comment vivre l’absence et le manque, comment supporter le regard des autres quand il y a plus de questionnements que de réponses. La fable devient drame, le récit devient pesant, les révélations et rebondissements sont égrainés avec efficacité, les relations sociales se compliquent et le ciel s’assombrit inexorablement. Autre idée implacable, l’écoulement du temps qui diffère entre la vie réelle et les mondes imaginaires, elle renforce la dramaturgie, l’attente devenant un enfer, mais l’enfance perdue, le retour sur Terre aussi.
Le dessin d’Alex Xöul sert parfaitement le récit, le trait est agréable, réaliste mais très graphique, les tons pastels ont des couleurs d’automne qui renforcent le ton de l’album, créant une atmosphère un peu nostalgique au début, puis de plus en plus lourde.
Ce n’est pas la BD la plus fun de l’année, mais je dois dire que cette histoire a su capter mon attention et qu’au-delà de la fable, elle réveille bien d’autres questionnements sur notre relation à l’absence, au manque qu’elle génère, l’absence de proches disparus, mais également nos absences sociales vis à vis des vivants et notre rapport à la folie qui habite certains. A lire.

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