Batchalo

  • Scénariste :  Michaël Le Galli
  • Dessinateur :  Arnaud Bétend
  • 2012
  • Delcourt

Résumé éditeur

1939, Europe de l’Est. Suite à l’enlèvement d’un groupe d’enfants, un clan tzigane, accompagné de Josef, un policier dont le fils est aussi porté disparu, organise une battue. Sur leurs traces, ils voyagent à travers la Bohême, jusqu’à être internés, puis déportés à Auschwitz. Parqués dans le camp de la mort, ils dépérissent, privés de ce qu’ils ont de plus cher : leurs enfants et la liberté. 

Notre avis

Si vous cherchez une BD récréative passez votre chemin, car « Batchalo » est une tragédie qui nous rappelle le génocide qui coûta la vie à des dizaines de milliers de gitans entre 1933 et 1945. L’histoire nous invite à suivre un clan tzigane prit dans la tourmente des exactions nazies. Le scénario est assez bien mené, dès le début on sent les tensions entre ses infatigables voyageurs et les populations locales de Tchéquie, lorsque des enfants disparaissent d’un village. Puis on découvre le temps d’une soirée ce clan, sa culture, sa manière de penser, de régler les conflits et de vivre, à travers les yeux de Joseph, un gadjo (non tzigane) qui peu à peu se fait accepter de la communauté et les aides à rechercher les enfants disparus. Une esquisse de romance avec la jolie guérisseuse Silenka et le drame se tisse, des enfants disparus introuvables, des témoins qui se taisent, et une lente course poursuite avec des ravisseurs invisibles qui les rapproche inexorablement  de leurs bourreaux. Pris dans les mailles du filet nazi, le clan se retrouve dans un camp de travail puis à Auschwitz-Birkenau. On suit également les gamins kidnappés par les nazis, les expériences de Ritter et de Menguele sur les enfants et les jumeaux, la barbarie en blouse blanche.
Le récit est éprouvant, les auteurs suggèrent plus qu’ils ne montrent l’horreur, tout est raconté à travers le ressenti des survivants qui ne savent pas, mais devinent. Un récit oppressant,  on ne voit pas d’autre issue que la mort, mais à petit feu, pour ces êtres menacés et condamnés à mort parce que jugés asociaux et inférieurs par le régime nazi. Les personnages deviennent des numéros, désincarnés, le récitatif de Joseph très distancié, laisse peu de place pour l’empathie et le lecteur ressent ce malaise.
L
e dessin d’Arnaud Bétend aux couleurs sépia sert parfaitement cette histoire, les personnages sont bien campés, expressifs puis décharnés. On voit les visages des personnages évoluer, se creuser au cours du récit. Terrible.
Une BD à lire pour se souvenir et ne pas oublier.

 

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