Portugal

  • Scénariste :  Cyril Pedrosa
  • Dessinateur :  Cyril Pedrosa
  • 2011
  • Dupuis

Résumé éditeur

Quand un retour aux sources imprévu devient renaissance à soi-même.
Plus vraiment d’inspiration, plus d’envies et pas de projets, l’auteur de BD Simon Muchat végète doucement dans son boulot d’animateur scolaire, et exaspère Claire, sa compagne, qui le voudrait plus investi.
Invité à passer quelques jours au Portugal, dont sa famille est originaire et où il n’était plus allé depuis l’enfance, il va y découvrir une autre façon d’exister et d’être ? et peut-être le début d’une nouvelle inspiration ?
Cyril Pedrosa nous livre un récit introspectif qui explore les plis et replis existentiels d’un quotidien sans histoire, devenu sans consistance et sans saveur. Le récit, aussi, d’une renaissance à soi, à travers la redécouverte d’un lieu d’enfance, noyé dans les brumes du souvenir.

Nos avis

Marc – Alors que pensez de cet ouvrage de 264 pages ? Et bien, moi qui ne suis pas forcément un fan des récits psychologiques, j’ai trouvé le livre assez addictif. Il faut se laisser porter par le récit, laisser Simon ne pas savoir où il veut aller, assister impuissant au naufrage de son couple, rencontrer des tas de personnages qui ne font que passer mais parlent beaucoup, découvrir son père, découvrir peu à peu la famille restée au pays, une histoire familiale trouble mais finalement assez ordinaire dans une Europe où les peuples se sont brassés depuis des siècles, avec tout ce que cela engendre de séparations, de quiproquos, de pertes d’identité. Et puis, il y a le Portugal et ces gens ordinaires que nous croisons et qui nous ressemblent. Un pays que l’on découvre peu à peu, par touche, discrètement. Le dessin de Pedrosa est très beau, épuré, une ligne à la Disney, les couleurs sont vives, naturelles, jamais vulgaires. L’album a reçu un Fauve à Angoulème, le prix de la BD FNAC, le prix de la BD du magazine Le Point et de nombreux autres prix.
A lire en prenant son temps, tout le charme est là.

FNAC – C’est l’histoire d’un jeune homme qui ne sait plus très bien quoi faire de sa vie. Il s’appelle Simon Muchat. Il s’ennuie. Pire, il n’a plus d’envie. Plus goût à rien. Pas de pensées suicidaires pour autant, non, juste un sentiment de manque d’intérêt pour ce qui fait son quotidien. Son métier, quand tout va bien, consiste à dessiner et à écrire des livres de bande dessinée. En attendant que la muse de l’inspiration revienne toquer à sa fenêtre, il végète doucement dans un emploi d’animateur scolaire qui ne le passionne guère. Sa compagne aimerait qu’il retrouve cette envie qui l’a quitté, mais c’est peine perdue – d’ailleurs, c’est elle qui finira par le quitter, et pour de bon. Mais un voyage va bouleverser Simon : un simple séjour au Portugal, où il est invité dans le cadre d’un festival de BD. Car le Portugal, c’est la terre natale de ses ancêtres. C’est de là que vient sa famille, c’est là qu’il n’est plus retourné depuis son enfance, comme s’il avait chassé ce pays de sa mémoire. Et, par la même occasion, comme s’il avait recouvert d’un voile noir tout un pan de la mémoire familiale. A la suite de ce bref séjour, Simon va renouer avec une langue « si douce, si tendre » qu’il ne parlait pas mais qui traînait quelque part dans un coin de son cerveau. Il va aussi renouer, à l’occasion d’une fête de famille organisée pour un mariage, avec ceux qu’il ne voyait plus depuis longtemps et qui constituent l’arrière-plan de son histoire personnelle. Autant le dire tout de suite, Portugal n’est pas un album autobiographique. Il n’est pas utile d’y traquer une résonance quelconque avec l’auteur, Cyril Pedrosa, qui n’a pas cherché à traduire ses états d’âme à travers les 264 pages de ce gros et bel album, à coup sûr l’un des moments forts de cette rentrée BD. Non, Portugal doit simplement se lire comme un récit à vocation universelle, qui pourrait concerner chacun de nous, tant est finalement banal ce sentiment de vacuité qui peut tous nous envahir à n’importe quel moment de notre existence. Mais c’est tout le talent d’un auteur comme Pedrosa que de transformer cette matière brut en un récit, baigné dans des couleurs – mélange d’aquarelle et de travail sur l’ordinateur – qui lui donnent une dimension onirique. Pedrosa poursuit dans la veine graphique qu’il avait explorée avec Trois ombres, usant de ce dessin si délicat, rehaussé de couleurs tendres qui viennent mordre le trait pour créer une ambiance singulière, mêlée de mélancolie et d’une intense luminosité. Ici, la couleur ne sert pas à « faire joli » ou à décorer, elle constitue bien un véritable élément de narration, et sa tonalité varie au fil des chapitres en fonction de l’ambiance de chaque scène. Fruit de deux années de travail, cet album est à n’en pas douter le chef-d’ouvre – à ce jour – de son auteur, dont on attend maintenant qu’il confirme tout son talent et qu’il explore encore plus cette voie chargée de réel et d’émotion dans laquelle il est passé maître.

 

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